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  • Spes non confundit, l’espérance ne déçoit pas

    Ce matin, c’est le lundi de Pâques, et le pape François s’en est allé.

    Malgré la maladie qui l’affaiblissait depuis plusieurs semaines, il avait tenu à prononcer la bénédiction Urbi et Orbi la veille, lors de la messe de Pâques. Quel symbole, et quelle grâce pour ces croyants venus célébrer la fin du carême et la résurrection du Christ !

    J’ai grandi dans une famille protestante, où la religion était avant tout un lien culturel. Enfant, j’ai fréquenté l’école du dimanche, puis reçu mon baptême dans une paroisse du centre-ville de Douala. Je garde en mémoire les cantiques en douala chantés par mon père et mes oncles dans leur chorale locale. Comment oublier la messe du soir de la Saint-Sylvestre, où, tous vêtus de blanc, nous chantions ces mêmes cantiques et célébrions le passage à la nouvelle année à coups de « Mbueeeh » et d’embrassades chaleureuses ?

    En vérité, notre pratique religieuse se limitait quasi exclusivement aux temps forts vécus en communauté. Chacun était libre de cultiver, ou non, sa foi, à son rythme et dans le secret de son cœur. Il va sans dire que je me tiens donc à distance de tout prosélytisme. Cette plateforme n’est pas un cheval de Troie pour une évangélisation déguisée, ni un canal de recrutement pour une secte à la mode visant mes semblables.

    Aujourd’hui, je souhaite simplement mettre en lumière la parole d’un homme dont les mots résonnent avec justesse et actualité. Je pense en particulier à la Bulle d’indiction du Jubilé ordinaire de l’année 2025, intitulée Spes non confundit, ou L’espérance ne déçoit pas.

    Le pape y prend la défense des migrants, des prisonniers, des malades, des plus faibles, et de tous ceux qui subissent l’oppression : à cause de ce qu’ils sont, de ce qu’ils aspirent à devenir, ou de ce qu’ils n’ont pas eu le choix d’être. Chacun, selon sa situation, peut y trouver un message personnel d’encouragement et de résilience, en ces temps troublés.

    Pour les jeunes, par exemple, il écrit :

    « Il est beau de les voir déborder d’énergie, par exemple lorsqu’ils retroussent leurs manches et s’engagent volontairement dans des situations de catastrophes et de malaise social. Mais il est triste de voir des jeunes sans espérance. Lorsque l’avenir est incertain et imperméable aux rêves, lorsque les études n’offrent pas de débouchés et que le manque de travail ou d’emploi suffisamment stable risque d’annihiler les désirs, il est inévitable que le présent soit vécu dans la mélancolie et l’ennui. »

    Pour les victimes de la guerre, alors que des régions entières sont détruites par la folie de criminels sanguinaires soutenus par des alliés lâches et irresponsables, le Pape appelle à la paix et à la solidarité :

    « Je renouvelle mon appel pour qu’avec les ressources financières consacrées aux armes et à d’autres dépenses militaires, un Fonds mondial soit créé en vue d’éradiquer une bonne fois pour toutes la faim, et pour le développement des pays les plus pauvres, de sorte que leurs habitants ne recourent pas à des solutions violentes ou trompeuses et n’aient pas besoin de quitter leurs pays en quête d’une vie plus digne. »

    Il plaide pour un partage plus juste et équitable des richesses, alors que, partout, la violence économique détériore les conditions de vie :

    « Si nous voulons vraiment préparer la voie à la paix dans le monde, engageons-nous à remédier aux causes profondes des injustices, apurons les dettes injustes et insolvables, et rassasions les affamés. »

    Il n’est pas nécessaire d’être catholique, chrétien, ni même croyant, pour être touché par la disparition du Pape François. L’humanité a véritablement perdu un Père. Aujourd’hui, nous sommes tous un peu orphelins.
    Puisse son message d’espérance nous accompagner, alors même que l’état du monde nous donne toutes les raisons de désespérer.

    Lettre à lire ici : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/bulls/documents/20240509_spes-non-confundit_bolla-giubileo2025.html