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  • Merci pour l’été 2025

    Je vis dans un appartement baigné de lumière, face à une aire de jeux arborée. Depuis mon étage, les grandes baies vitrées m’offrent un poste d’observation privilégié sur les changements de saisons au fil des mois.

    Aujourd’hui, l’air est doux, le soleil franc, et les arbres n’ont encore rien cédé de leur feuillage verdoyant. C’est une journée de début septembre qui semblerait presque printanière. Ce vert que j’aime tant virera bientôt à la rouille sous le ciel gris de l’automne. Les journées se feront plus courtes et s’alourdiront sous le poids des obligations et la cadence effrénée de la vie citadine.

    Avant d’être emportée par tout cela, je veux prendre un moment pour immortaliser la séquence qui s’achève.

    J’écarte volontairement une rétrospective de lectures, podcasts, interviews et autres contenus qui m’ont édifiée, divertie et réconfortée pendant les moments (ils ne manquent jamais) de doute, de fatigue ou de tristesse. Ce sera l’affaire d’un autre jour.

    Cette fois-ci je veux retranscrire ici l’énergie et les instants lumineux qui m’ont transportée loin de mes tracas quotidiens et mes batailles silencieuses.

    Voici donc une promenade en images et en mots, une mosaïque de paysages, saveurs et expériences qui ont marqué mon été. Un bel été somme toute.

    A très vite pour la suite.

    Et comme toujours, merci de me lire !

    Taverne Grecque. Corfou, mai 2025
    Combien de photos de jardins et de plantes une fille doit-elle avoir dans sa galerie? La réponse dans mon prochain Ted Talk. Le lieu de l’événement? Les jardins du palais de Sissi à Corfou. Mai 2025
    Une belle découverte. Je recommande les yeux fermés pour des plats aux inspirations italiennes, frais, faits minute, savoureux et abordables avec une vue panoramique sur Corfou. Mai 2025
    En mer et en hauteur à Paleokastritsa. Une étape immanquable de la découverte de l’île grecque de Corfou. Bateau, raviolis frais, limoncello spritz et visite de monastère. Peut-être la plus belle journée de mai 2025.
    Café artistique en sortant de la baignade matinale à Perama. Mai 2025
    Café albanais. Un charmant gérant qui s’efforçait de communiquer en anglais et d’accompagner chaque commande d’un mot encourageant. Mai 2025
    Annecy, enfin ! Depuis le temps que je voulais découvrir la Venise des Alpes et les lacs qui l’entourent, Annecy était très haut dans ma liste mais elle s’est faite désirer. En Août 2025, l’opportunité s’est finalement présentée et j’ai passé une formidable journée ensoleillée entre baignade, balade en bateau et vue imprenable sur les montagnes. L’attente en valait vraiment la peine, la région est une véritable pépite de France.
    Un diner, plus joli que bon au Domaine de la Reine Margot. Rien de transcendant (surtout au regard des prix pratiqués) mais les cocktails et le cadre ont quelque peu sauvé la célébration d’une occasion spéciale. 09 juillet, Issy-les-Moulineaux.
    Finalement une city girl à Florence. Ah la Toscane ! S’il y a bien une destination que j’ai fantasmée et que je voulais visiter depuis un long moment, c’est indéniablement Florence. Toute chose vient donc à point à qui sait attendre… Parfaite en tous points: gastronomie, architecture, sculpture, héritage, villas somptueuses, panoramas viticoles. Bref, l’art de vivre à l’italienne qui en fait une destination qui ne déçoit jamais.
    La vue depuis Ribeo, mon restaurant coup de coeur à Florence. Juillet 2025
    Poggio Torselli, dans le terroir du Chianti pour une dégustation de vin et la visite d’un domaine époustouflant. Encore une belle journée, marquée par une chaleur écrasante et des rencontres surprenantes. Juillet 2025.
    Musée Gucci et parfumerie Santa Maria Novella à Florence. Le savoir faire, l’héritage et le beau. Un régal pour les sens. Juillet 2025
    Capturer les belles lignes et le travail soigné. Le beau est partout. Florence, Juillet 2025.
    Petit détour par Bologne, son unique centre historique sculptural (et redondant), et visite de la maison commune. Imaginez, vous venez de dire « oui » à votre moitié et vous descendez rejoindre vos invités et tous ceux qui vous aiment via cet escalier somptueux.. Vraiment, il n’y a pas à dire, les italiens savent y faire !
    Exceptionnel séjour à l’hôtel Miura, au pied des Alpes. Je vous recommande l’expérience staycation pour profiter à prix avantageux des boisssons au bar Dario, du spa très bien équipé, du petit-déjeuner qui n’a rien à envier aux brunchs hors de prix de Paris et d’une chambre moderne avec mobilier soigné. Prévoyez aussi un dîner au très bon restaurant Zélie. Une pause bien-être et gourmade pour ce weekend d’août. Un sans faute, si on me demande.
    Tranquillité et dépaysement à portée de métro dans les jardins de la Grande Mosquée de Paris. Je me répète mais le beau est partout et parfois plus accessible qu’on ne le croit. Aout 2025

    FIN.

  • Les champions jettent, les autres ramassent

    Dans la nuit du samedi 31 mai, lors de la consécration du Paris Saint-Germain au titre de champion d’Europe de football, les scènes de liesse dans la capitale m’ont laissé un goût d’amertume.

    Sans déjouer les prédictions, les médias télévisés et les réseaux sociaux ont rapidement rapporté des dégradations dans l’espace public. Ces comportements sont le fait de casseurs et d’amateurs de rixes opportunistes qui, en plus de s’attaquer au mobilier urbain, aux entreprises et aux propriétés privées, méprisent totalement les agents chargés de la propreté de la ville. J’étais peinée en imaginant l’étendue de la tâche qui attendait ces travailleurs.

    Si encore ces débordements restaient l’exception, on pourrait les ranger au rang des excès ponctuels — aussitôt exploités pour relancer la rengaine classiste et raciste sur la prétendue vulgarité du football, sport « de masses », et l’incivilité congénitale de ceux qui l’aiment.

    Mais ces scènes se rejouent, inlassablement, à chaque grand rassemblement public : concerts, manifestations, défilés… Ce n’est plus l’exception, c’est devenu la norme. Et l’alibi footballistique, bien pratique, masque une réalité plus vaste et plus inquiétante.

    Murielle Dumas est une figure emblématique du journalisme en France depuis près de trente ans. Elle a consacré sa carrière à la réalisation de sujets documentaires et à l’animation d’émissions primées telles que Bas les Masques et Vie privée, vie publique. Fidèle à son style mêlant, immersion et écoute empathique, elle a publié en 2020, avec Denis Demonpion, journaliste et biographe, Des ordures et des hommes, un clin d’œil à l’œuvre majeure de John Steinbeck où, comme lui, elle décrypte la réalité de travailleurs précaires : en l’occurrence, les agents de la propreté de la ville de Paris.

    Les deux journalistes vont à la rencontre d’une unité d’élite – la Fonctionnelle – semblable au GIGN, qui déploie son action sur des missions périlleuses, exige un engagement lourd et infaillible, et permet une certaine évolution hiérarchique et sociale aux quelques 300 hommes et la poignée de femmes qui la compose. Ils mettent également en lumière les rouages du métier, la lente féminisation de la profession, l’ampleur du gaspillage, de la surconsommation, et les défis écologiques de notre époque.

    Issu d’un reportage pour France 2, le livre donne la parole aux travailleurs venus d’Afrique, aux ruraux devenus franciliens d’adoption, aux petits jeunes comme aux plus âgés reconvertis dans la propreté, par manque d’alternatives professionnelles ou attirés par la sécurité d’un emploi de fonctionnaire face à une réalité économique morose. Il éclaire des parcours d’hommes aux rêves brisés, bien trop souvent écorchés par la vie, exerçant un métier pénible, marqué par l’éternel recommencement au contact de l’insalubrité, des démunis, du danger et du mépris social.

    À bien des égards, ce livre est instructif et se révèle une lecture fondamentale pour quiconque souhaite lever le voile de l’invisibilité jeté sur les agents de la propreté de la ville de Paris.

    Autant au niveau collectif qu’à titre individuel, notre gestion des déchets traduit les valeurs de vivre-ensemble que nous avons en partage – ou qui nous font défaut : la protection de notre espace commun, la considération des métiers essentiels et pénibles, ou encore l’éducation des générations futures. C’est donc une question de sens commun et de sens civique.

    À titre personnel, je crois de moins en moins à un changement des comportements sans des mesures de coercition fortes (surveillance accrue, amendes exemplaires, « name & shame »…). Je désespère de devoir rogner des libertés fondamentales pour maintenir un cadre de vie sain, qui bénéficierait pourtant à tous et nous maintiendrait du côté des sociétés civilisées.

    En attendant un sursaut miraculeux, réassénons une énième fois que la célébration, toute joyeuse et historique soit-elle, ne peut autoriser de tels comportements outranciers et inciviques au mépris du labeur des autres.